Une plongée au cœur de la méthode Piéret® (extrait)

Les propriocepteurs ont chacun leurs caractéristiques et leur fonction spécifique. Ensemble, ils assurent le sens de la kinesthésie, c’est-à-dire la conscience de la position dans l’espace des segments du corps, de leurs tensions et de leurs mouvements. 4 

Récepteur

Fibres

Vitesse de conduction

Informations transmises

Muscle

Fuseaux neuromusculaires

Ia - Aα

70-120 m/s

changement de longueur du muscle

 

 


vitesse et direction du mouvement

 

II - Aβ

30-70 m/s

tension musculaire (statique)

Tendon

Organe tendineux de Golgi

Ib - Aα

70-120 m/s

changement de tension musculaire

Articulation

Récepteur de Ruffini

II - Aβ

30-70 m/s

position de l'articulation

Récepteur de Pacini

II - Aβ

30-70 m/s

mouvement articulaire

Récepteur de Golgi

II - Aβ

30-70 m/s

torsion de l'articulation

Peau

Corpuscule de Ruffini

II - Aβ

30-70 m/s

étirement de la peau



Les informations transmises par les propriocepteurs sont à l’origine de cartes corticales de la sensibilité somatique. Elles sont intégrées dans un vaste réseau neuronal qui inclut les aires sensorielles, motrices corticales, le cervelet et les régions pariétales. 5  C’est au sein de ce réseau que résident l’image du schéma corporel et celle de chaque mouvement. 1 ,  6 

Toute condition qui provoque une diminution, voire une disparition, des messages proprioceptifs musculo-tendineux en direction du cortex cérébral sensitif a pour résultat une réduction, voire une absence, de stimulation du cortex somato-sensoriel correspondant. Cette situation, par le jeu de la plasticité corticale, engage un processus de réorganisation des cartes corticales de la sensibilité somatique. 7 ,  8 

Ce remodelage cortical altère l’image corticale du schéma corporel et désorganise la communication avec les aires corticales homologues. La modification de la représentation du membre entraîne une discordance entre la réponse motrice et la sensation perçue. 6  En découle une altération de la représentation imagée du mouvement et des centres chargés de sa commande volontaire. En d’autres termes, la plasticité corticale entraîne une inadaptation fonctionnelle après des périodes de non-utilisation en induisant des troubles moteurs ; ces derniers sont susceptibles de retarder la récupération et d’allonger la durée de la rééducation fonctionnelle. 1 ,  2 

On observe cette réorganisation corticale suite à l’immobilisation plâtrée d’une articulation, la limitation du mouvement par la douleur, l’œdème et/ou la raideur articulaire, et aussi lors d’une diminution de la sensibilité périphérique consécutive à une compression ou à une lésion nerveuse. 1 ,  6 

D’autres causes de discordance entre les données sensorielles entrantes et les ordres moteurs sortants, se retrouvent dans certaines maladies du système nerveux central comme le syndrome complexe de douleur régionale de type I (CRPS-1, Complex Regional Pain Syndrome-I). Dans cette maladie, l’origine de la discordance responsable d’une désorganisation de la programmation motrice au niveau des structures corticales semble consécutive à un trouble de l’intégration des données sensorimotrices. Il est intéressant de noter qu’en détériorant le contrôle central des informations nociceptives entrantes, les anomalies corticales sont capables de provoquer une douleur chronique incapacitante. 6 

Est-il possible d’éviter ou de minimiser la réorganisation corticale fonctionnelle, en maintenant les cartes corticales en place comme s’il y avait encore une sensibilité proprioceptive normale ? Ou, quand on intervient plus tard, peut-on reprogrammer le cerveau, en faisant intervenir la plasticité corticale ? Oui, grâce à la stimulation vibratoire proprioceptive. Il s’agit d’une méthode de rééducation tout à fait originale décrite par Neiger en 1983, 9  développée et appliquée par l’équipe de R. Roll à Marseille (France).

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Pourtant, elle permet de faciliter la rééducation fonctionnelle après une période d’immobilisation, et permet un délai de récupération plus court, comme le signale Pierre-Alain Durand. 2 ,  10 

L’objectif de la stimulation vibratoire proprioceptive est de créer au niveau cérébral une sensation de mouvement qui soit perçue par le patient. Tout simplement, l’augmentation des informations proprioceptives apportée par le stimulus vibratoire permet de suppléer à la diminution ou à la suppression des informations proprioceptives du membre immobilisé, afin de maintenir l’activité des boucles sensorimotrices, de conserver l’intégrité fonctionnelle des structures cérébrales et de sauvegarder l’image du mouvement, puisque les perturbations corticales sont largement attribuables à la privation d’expérience perceptive. 1 ,  2 

Ce mouvement illusoire, puisque le membre est immobile ou immobilisé, est obtenu par une stimulation vibratoire des jonctions musculo-tendineuses, laquelle excite les fuseaux neuromusculaires dont les fibres Ia sont particulièrement sensibles aux vibrations du muscle. 11  Les micro-vibrations génèrent un puissant apport proprioceptif musculaire qui est envoyé aux structures corticales, où se produit une activation cérébrale similaire à celle d’un mouvement réel, 2  avec toutes ses composantes neurosensorielle, perceptive et motrice. 1  Comme le signale JP Roll, « le stimulus vibratoire constitue un leurre neurosensoriel quasi parfait », que le cerveau interprète comme un mouvement articulaire réel. 1  Avec des modes appropriés de vibration appliqués à des groupes musculaires définis, les mouvements évoqués peuvent être aussi complexes et spécifiques que ceux réalisés pour écrire ou dessiner. 5 

Toutes les études montrent que les sensations de mouvement illusoire provoquées par les vibrations tendineuses produisent le même effet que si le muscle était étiré par un mouvement. 1 ,  3 

Sur base de ces données scientifiques, Philippe Piéret propose systématiquement une stimulation vibratoire proprioceptive chez tous les patients chez lesquels les mouvements sont limités ou empêchés, et lors de toute diminution de la sensibilité périphérique. Il alterne, au cours d’une même séance, la stimulation vibratoire sur les muscles agoniste et antagoniste.

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